Juillet 2026

Guide 2026 de la formation au phishing (pour changer réellement les comportements)

Phishing Training for Employees

Nous vivons à l’ère des attaques de phishing pilotées par l’IA. Non seulement elles se multiplient, mais elles sont aussi de plus en plus sophistiquées.

Pendant ce temps, la plupart des entreprises continuent de proposer une formation annuelle pour sensibiliser contre le phishing en pensant que cela suffira. Or, cette approche ne fonctionne plus, car elle ne permet ni de changer les comportements ni d’améliorer la sécurité. L’époque où l’on se contentait de dire aux collaborateurs de faire attention aux fautes de frappe et aux liens suspects, d’organiser une simulation une fois par an et de croiser les doigts est terminée.

Ce dont vos salariés ont besoin aujourd’hui, c’est d’une formation et d’une simulation au phishing qui les confrontent aux dernières techniques d’attaques, qui inscrivent des habitudes durables, et qui réduisent les informations exploitables par les attaquants contre eux.

Dans ce guide, on vous explique comment mettre en place, en 2026, une formation au phishing efficace pour vos équipes, qui a un réel impact sur leur comportement et leur sécurité.

En quoi consiste une formation au phishing pour les salariés ?

La sensibilisation au phishing apprend aux collaborateurs à reconnaître, à éviter et à signaler les tentatives de phishing sur tous les canaux utilisés par les attaquants. Cela ne se limite pas aux e-mails, mais concerne aussi les SMS, les appels, les QR codes et les outils collaboratifs, comme Slack et Teams.

Une bonne formation combine des simulations d’attaques, du contenu pédagogique en format court et un suivi personnalisé. Le tout adapté aux besoins de chaque individu, en fonction de son poste, des outils qu’il utilise et de ses habitudes quotidiennes.

Il existe une grande différence entre simulation et formation. Une simulation de phishing teste un comportement. Elle montre qui a cliqué, qui a signalé l’incident et à quelle vitesse. La formation, elle, est la clé pour faire évoluer les comportements à long terme. Il faut les deux, sans quoi vous ne ferez que mesurer un problème sans chercher à le résoudre.

Bien menée, la formation des collaborateurs au phishing va bien au-delà d’un module de prévention annuel. Elle fait de vos collaborateurs, qui sont des cibles potentielles, une ligne de défense active. Alors, quand on sait que 91 % des cyberattaques réussies commencent par du phishing, l’enjeu est de taille. Et pourtant, dans la majorité des organisations, ça ne fonctionne toujours pas.

L’échec des formations au phishing traditionnelles

La formation des salariés au phishing est l’une des armes de défense les plus importantes d’une entreprise, à condition qu’elle soit bien conçue et correctement menée. La plupart des programmes de sensibilisation échouent pour les mêmes raisons :

  • C’est aux collaborateurs de faire l’effort : un module LMS annuel, déconnecté de leur quotidien, s’oublie facilement.
  • Ils sont mis en place uniquement pour les formalités réglementaires : une grande partie des formations au phishing sert surtout à cocher des cases et à satisfaire les auditeurs, sans vraiment chercher à réduire les risques.
  • Seules les personnes qui se font piéger apprennent quelque chose : dans une simulation classique, la majorité des salariés ne cliquent pas, et donc n’apprennent rien. Et ceux qui se font piéger sont parfois pointés du doigt, ce qui provoque davantage de gêne que d’apprentissage.
  • Ils prennent trop de temps aux collaborateurs : 53 % des responsables sécurité en entreprise déclarent que le manque de temps est le principal obstacle à une formation sécurité efficace, y compris sur le phishing.
  • Ils reposent sur des modèles répétitifs : la formation se contente de montrer aux salariés comment reconnaître quelques modèles d’e-mails couramment utilisés, au lieu de leur permettre de développer un véritable esprit critique.
  • Ils peuvent susciter du ressentiment : certaines simulations exploitent des sujets véritablement sensibles pour attirer l’attention des salariés, comme de fausses primes destinées à du personnel déjà sous pression.
  • Ils négligent les autres canaux que l’e-mail : le smishing, le vishing, le phishing par QR code et les attaques vocales par deepfake sont en hausse, mais la plupart des programmes restent entièrement centrés sur le phishing par e-mail.
  • Ils traitent uniquement ce qui se passe après l’attaque : les programmes traditionnels s’intéressent à la réaction des utilisateurs plutôt qu’à limiter la quantité d’informations exploitables en amont.

Rien de tout cela n’est inévitable. C’est simplement ce qui arrive lorsque la formation de prévention contre le phishing est abordée comme une formalité réglementaire plutôt que comme une véritable compétence à développer dans la durée.

Les 10 piliers de la formation anti-phishing en 2026

Pour que votre formation anti-phishing change réellement les comportements de vos salariés en 2026, elle doit réunir les 10 éléments suivants :

  1. Être courte et collaborative, loin des corvées des LMS : trois minutes de contenu pertinent placées au bon moment valent mieux que trente minutes de slides génériques, et ont beaucoup plus de chances d’être suivies jusqu’au bout.
  2. S’appuyer sur des cas réels, plutôt que sur des règles abstraites : les études de cas marquent les esprits, car les apprenants peuvent se projeter dans la situation. Le message « Ne cliquez pas sur les liens suspects » s’oublie vite ; alors que l’histoire d’un salarié du service compta qui a failli faire un virement après un faux message vocal de son « PDG », ça ne s’oublie pas.
  3. Être diffusée sur les outils déjà utilisés par les salariés : Slack, Google Chat, Microsoft Teams, plutôt qu’un énième portail à ouvrir. Les taux d’achèvement s’effondrent dès que la formation nécessite un changement de contexte ou l’utilisation d’un nouvel outil.
  4. Des simulations réalistes et multicanaux : l’e-mail reste le vecteur d’attaque principal, mais un programme moderne doit aussi tester des scénarios de smishing, de vishing et de deepfake. Autrement dit, des situations auxquelles ils peuvent être réellement confrontés.
  5. Un accompagnement en temps réel : lorsqu’une personne clique sur un lien de phishing simulé, la meilleure réaction consiste à lui faire un feedback immédiat, sans jugement, dans son environnement de travail.
  6. Personnalisation par poste et par niveau de risque : un nouvel embauché et un membre du service compta sont confrontés à des menaces très différentes. Segmenter par poste, ancienneté et niveau d’accès, et adapter les modèles à chaque public, rend la formation bien plus pertinente.
  7. Une culture du signalement en un clic, sans jugement : si signaler est plus compliqué que de supprimer le problème, ou si cela risque de mettre quelqu’un dans l’embarras, les gens ne prendront pas la peine de le faire. Il faut rendre cela facile et valorisant.
  8. Être en continu, et non un événement annuel : les menaces évoluent en permanence ; une approche continue, avec des simulations régulières, permet d’instaurer des habitudes durables. Ce sera plus efficace qu’un simple pic de vigilance une fois par an.
  9. L’adhésion des dirigeants : les cadres dirigeants sont les cibles privilégiées des attaquants, précisément en raison de leurs privilèges d’accès. Alors, si la direction n’est pas impliquée, votre programme aura une faille en haut de l’organigramme.
  10. Une formation percutante associée à une défense proactive : aiguiser le jugement humain n’est que la moitié du travail. L’autre moitié consiste à limiter les informations que les attaquants peuvent obtenir sur votre équipe avant même d’envoyer un message.

Vous voulez connaître les 5 éléments indispensables à toute simulation de phishing réussie ? Découvrez ce qui distingue une simulation de phishing efficace d’une simple formalité réglementaire dans notre guide de simulation de phishing.

L’ESPM pour limiter la surface d’attaque exploitable

Les attaques de spear phishing et de vishing modernes ne sont pas le fruit du hasard. Elles exploitent des données publiques : profils LinkedIn, identifiants volés, informations personnelles divulguées, organigrammes… qui rendent toute tentative d’usurpation d’identité bien plus convaincante.

En témoignent les attaques de vishing menées par ALPHV contre MGM en 2023 : les attaquants ont d’abord cherché des salariés du casino sur LinkedIn, avant d’appeler le support informatique en se faisant passer pour un collègue. Aucun logiciel malveillant, aucun e-mail de phishing, rien que des informations publiques et un coup de téléphone digne d’un Oscar.

Dans un tel contexte, l’Employee Security Posture Management aurait été bien utile. L’ESPM surveille et réduit les risques en continu (fuites de données, divulgation d’identifiants, partage excessif d’informations publiques), pour limiter d’emblée les ressources à la portée des attaquants.

Un tel outil ne remplace pas la formation, mais vient la compléter. Renforcer la vigilance humaine est un premier levier, réduire la surface d’attaque en est un autre. Les programmes les plus efficaces jouent sur ces deux fronts à la fois, plutôt que de tout miser sur la seule vigilance humaine.

6 étapes pour déployer votre programme de formation anti-phishing

  1. Fixez-vous des objectifs clairs pour affiner votre simulation. Réduire le taux de clic, accélérer les signalements ou couvrir plus de canaux. Ainsi, vous pourrez mesurer et suivre les bons indicateurs.
  2. Établissez une baseline avec une campagne de phishing simple, avant de passer à des scénarios plus sophistiqués.
  3. Lancez des campagnes sur mesure pour différents groupes cibles, sans oublier la direction, aussi confrontée à des menaces distinctes et souvent plus graves.
  4. Utilisez les résultats pour définir un plan d’action pour protéger vos collaborateurs. Prévoyez des mesures de défense proactive, comme la réduction des données exposées, et ne vous contentez pas d’ajouter de nouveaux modules.
  5. Proposez, après chaque simulation, une formation de sensibilisation qui motive vos équipes. Privilégiez un format court, qui s’appuie sur des cas concrets, et intégrez-les directement dans le cadre de leurs tâches habituelles.
  6. Gardez votre équipe alerte avec des simulations de phishing en continu, pour suivre l’évolution rapide des tactiques d’attaque.

Pour en savoir plus sur ce programme, vous pouvez consulter le détail de notre programme en 6 étapes, et télécharger la checklist des 5 conseils pour une simulation de phishing réussie.

Simulation de phishing
5 Conseils pour une simulation de phishing réussie

Mesurer l’efficacité de votre formation anti-phishing

Les taux d’ouverture sont faciles à suivre, mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire. Pour savoir si votre programme est vraiment efficace, il faut aussi mesurer :

  • Le taux de clics : utile, mais par définition, un indicateur en retard (« lagging indicator »).
  • Le taux de signalement : un indicateur avancé (« leading indicator ») et sans doute plus précieux, car il reflète une participation active plutôt que les erreurs évitées.
  • Le délai de signalement (« time-to-report ») : la rapidité avec laquelle un message suspect est signalé, ce qui influe directement sur la vitesse de réaction de votre équipe.
  • Le taux de récidive : indique si les mêmes personnes cliquent de manière répétée, suggérant la nécessité d’un accompagnement plus poussé.
  • L’évolution du comportement et du score de risque : une vision continue de la tendance du risque, plus représentative qu’une photo à l’instant T.
  • La réduction du volume de données exposées : le suivi des indicateurs ESPM en parallèle des indicateurs comportementaux offre une vision complète des risques, et non plus seulement une analyse des clics a posteriori.

Pris ensemble, ces indicateurs font évoluer le débat : on ne se demande plus « combien de personnes se sont fait piéger ce trimestre ? », mais « dans quelle mesure notre organisation est-elle exposée, et cette exposition diminue-t-elle avec le temps ? »

Choisir la bonne plateforme de simulation de phishing

Il y a beaucoup de critères à prendre en compte pour choisir une plateforme de simulation de phishing, mais voici les plus importants :

  • Facilité de déploiement : est-il facile de se lancer avec votre équipe et vos outils existants ?
  • Exhaustivité : la solution permet-elle d’associer facilement simulations, formation percutante et défense proactive, ou se limite-t-elle à la simulation seule ?
  • Personnalisation de la formation : le contenu de la formation correspond-il aux besoins spécifiques de vos apprenants, selon le poste qu’ils occupent et leur degré d’exposition ?
  • Suivi des performances : quels indicateurs pouvez-vous suivre dans le temps, et vont-ils au-delà du simple taux de clics ?
  • Qualité des données : la plateforme fournit-elle des données claires et exploitables, sans faux positifs ?
  • ROI visible : pouvez-vous démontrer facilement la valeur ajoutée du programme auprès des décideurs (dirigeants, Conseil d’administration) ?

Une plateforme qui satisfait à ces six critères sera utilisée et fera évoluer vos indicateurs de risque, contrairement à celles qui se contentent de produire un reporting une fois par an.

La bonne formation anti-phishing peut vous épargner bien des tracas

Le phishing reste LA menace numéro un pour les entreprises aujourd’hui. Malheureusement, la plupart continuent de dispenser une formation standardisée et annuelle, qui ne reflète pas la réalité du terrain. À l’ère où les attaques sont multicanaux, où les prétextes sont générés par l’IA et les menaces élaborées à partir de données publiques, cette approche ne suffit plus.

Pour obtenir des résultats tangibles, il faut déployer des petits modules de sensibilisation à la sécurité intégrant des cas concrets, organiser des simulations de phishing multicanales et réduire l’exposition des collaborateurs en amont. Exit l’époque où l’on cherchait juste la conformité règlementaire une fois par an.

Pour mettre en place un programme de sensibilisation au phishing qui donne du résultat et renforce votre sécurité, contactez l’un de nos experts dès maintenant.

FAQ

  1. À quelle fréquence organiser des formations anti-phishing pour vos collaborateurs ? En continu, par petites sessions, plutôt que sous la forme d’un événement annuel unique. Une formation et des simulations continues et peu contraignantes maintiennent vos équipes alertes face à l’évolution des techniques d’attaque.
  2. Quelle est la différence entre une formation anti-phishing et la formation de sensibilisation à la sécurité ? La formation anti-phishing porte spécifiquement sur la reconnaissance et le signalement des tentatives de phishing, tous canaux confondus. La formation de sensibilisation à la sécurité a une portée plus large et aborde des thèmes tels que la bonne gestion des mots de passe, la sécurité physique et le traitement des données. La formation anti-phishing en est généralement une composante.
  3. La formation anti-phishing est-elle obligatoire ? Les exigences varient selon le secteur d’activité et le pays. Certains secteurs réglementés et cadres règlementaires imposent une formation de sensibilisation à la sécurité, bien que les exigences diffèrent ; il est donc conseillé de vérifier directement les exigences applicables à votre secteur et à votre juridiction.
  4. Qu’est-ce qu’un bon taux de clics ? Les valeurs de référence varient selon le secteur d’activité et le degré de maturité de l’organisation, et le taux de clics ne doit pas être considéré comme le principal indicateur de réussite. Le taux de signalement et le délai de signalement en disent plus sur l’efficacité d’un programme.
  5. Les petites entreprises peuvent-elles mettre en place une formation anti-phishing sans avoir une équipe de sécurité dédiée ? Oui. Les plateformes modernes sont conçues pour fonctionner avec un minimum d’effectifs dédiés à la sécurité. Les formations anti-phishing ne sont plus réservées qu’aux grandes entreprises.
  6. Existe-t-il un moyen de limiter les informations susceptibles d’être obtenues par les hackers sur leurs cibles ? Oui, c’est toute l’idée de l’ESPM : surveiller et réduire les risques en continu (fuites de données, divulgation d’identifiants, partage excessif d’informations publiques), pour limiter d’emblée les ressources à la portée des attaquants.