Vous l’attendez tous avec impatience : le Mois de sensibilisation à la cybersécurité est de retour. Alors, quoi de neuf du côté de la cybersécurité ? Les menaces en 2026 sont-elles les mêmes qu’en 2025 ? Et que se passe-t-il avec l’essor de l’IA ?
Dans cet article, nous allons passer en revue les grandes tendances de cette année en matière de cybersécurité, voir où elles pourraient bien nous mener en 2027, et vous donner des conseils pratiques pour assurer la sécurité de vos équipes, quoi que l’avenir nous réserve.
Pour commencer, intéressons-nous au principal facteur à l'origine des cybermenaces en 2026.
L’IA, véritable accélérateur des cybermenaces en 2026
Comme nous l'avions vu l'an dernier, les cyberattaques alimentées par l'IA représentaient déjà une menace majeure pour les particuliers comme pour les entreprises en 2025, et cette tendance n'a cessé de s'amplifier. Aujourd'hui, l'IA s'impose comme le véritable accélérateur à l'origine d'un nombre croissant de cybermenaces en 2026.
C'est une tendance que ni les particuliers ni les équipes de sécurité ne peuvent se permettre de sous-estimer. Avec les outils d’IA générative comme ChatGPT et Claude, les cybercriminels peuvent produire des e-mails de phishing et de faux sites web convaincants et sans fautes, au volume qu’ils souhaitent, loin des anciens signaux d’alerte (fautes d’orthographe, tournures maladroites) qui permettaient de les repérer. Le clonage vocal accentue encore la menace : quelques secondes d’enregistrement audio extraites d’un message vocal ou d’une publication sur les réseaux sociaux suffisent à imiter de façon convaincante la voix d’un proche ou d’un collègue, pour une arnaque au faux proche ou un faux appel deepfake dans le cadre d'une fraude au président.
Mais un changement plus profond est à l’œuvre : c’est l’IA qui transforme les données issues de fuites en attaques personnalisées à grande échelle. Le spear phishing — un leurre sur mesure destiné à une personne spécifique — demandait autrefois un véritable effort humain, et était donc réservé aux cibles à forte valeur. L’IA réduit considérablement ce coût. Un attaquant peut désormais s’emparer d’une base de données divulguée et générer automatiquement, en une seule fois, des messages personnalisés pour chaque personne figurant dans cette base. L’IA n’a pas inventé une nouvelle menace, mais elle a permis d’industrialiser un procédé existant, ouvrant ainsi la voie à des attaques de phishing personnalisées à grande échelle.
Malheureusement, la montée en puissance des attaques très ciblées entraîne plus de fuites de données que jamais.
Pour en savoir plus : Fuites de données liées à l’IA : comment ça marche et à quoi sert un outil DLP
Près d’un Français sur deux a été notifié d’une fuite de données en 2026
Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif national d’assistance et de prévention en cybersécurité, vient de publier son troisième baromètre annuel réalisé avec Ipsos sur la perception cyber des Français, et un chiffre en particulier a retenu notre attention : 45 % des Français ont été notifiés d’une fuite de leurs données personnelles en 2026, contre 30 % en 2025. Autrement dit, près d’une personne sur deux est concernée par une fuite de ses données personnelles.
Et ces chiffres n’ont rien d’un phénomène ponctuel. D’après le rapport, ils révèlent la croissance du marché souterrain des données volées, où chaque brèche alimente une véritable chaîne d’approvisionnement — entièrement bâtie sur les informations d’autrui. Le rapport ne mâche pas ses mots quant à l’évolution de la situation : d’ici un an, la part de victimes pourrait bien dépasser les 50 %. Et le problème n’est pas propre à la France : aux États-Unis, l’Identity Theft Resource Center a recensé plus de 1 800 fuites de données rien qu’au premier semestre 2026, générant 471 millions de notifications aux victimes, plus que pour toute l’année 2025.
Pour autant, tout n’est pas noir. La sensibilisation aux cybermenaces progresse, et les personnes interrogées dans cette étude sont plus nombreuses qu’avant à savoir nommer certaines menaces. Mais les menaces se multiplient à un rythme que nous avons du mal à suivre. Pour réduire cet écart, regardons-les de plus près.
Brèches de données, phishing, ransomware : les plus grandes menaces pour les particuliers et les entreprises
Voici six grandes tendances observées en 2026 en matière de cybermenaces :
#1. Le phishing reste la première porte d’entrée
Les e-mails et SMS frauduleux restent le type d’attaque le plus courant : 53 % des personnes interrogées y ont été confrontées au moins une fois au cours de l’année. Ce n’est ni spectaculaire, ni révolutionnaire, ni très élaboré, mais cela reste le premier moyen d’intrusion des attaquants, parce que c’est le moins cher, et que ça marche.
#2. Les brèches de données sont désormais la norme, et non plus l’exception
À mesure que les notifications de fuite se banalisent, l’enjeu n’est plus la violation elle-même, mais ce qui se passe après : les données des victimes sont revendues, agrégées et réutilisées. Autrement dit, les attaquants n’ont plus besoin de s’introduire dans vos systèmes s’ils peuvent acheter directement vos codes d’accès en ligne.
En 2026, les brèches de données ne sont plus des événements isolés : chaque fuite alimente l’attaque suivante. Phishing personnalisé, escroquerie financière, appel vishing de faux conseiller bancaire : autant de conséquences directes de l’économie des données volées. Et si la sensibilisation progresse (72 % des Français interrogés connaissent l’arnaque au faux conseiller bancaire, contre 59 % en 2024), le volume croissant des attaques dépasse cette prise de conscience.
#3. Le ransomware reste une menace majeure pour les entreprises
Les brèches de données personnelles prennent de l’ampleur, mais les ransomwares restent l'une des principales préoccupations des entreprises, notamment à la suite des récentes attaques contre Marks & Spencer, Asahi, ou encore Vietnam Airlines. Le Ransomware-as-a-Service (RaaS) a transformé ce qui exigeait autrefois des compétences techniques pointues en un produit accessible par abonnement, abaissant considérablement la barrière à l'entrée pour les pirates souhaitant lancer des attaques perturbatrices.
#4. Les téléphones mobiles, un angle mort grandissant
Le smishing (phishing par SMS) est une menace connue depuis des années, mais les attaquants sont de plus en plus inventifs. Le phishing par QR code, ou « quishing », est en hausse, car les utilisateurs ont tendance à faire davantage confiance à un code scanné qu’à un lien suspect.
#5. Chaque chaîne d'approvisionnement constitue une surface d’attaque potentielle
Les entreprises n’ont jamais été aussi interconnectées, et cette interconnexion est à double tranchant. Comme l’a montré le piratage de Canvas début 2026, la compromission d’un seul fournisseur, partenaire ou logiciel peut servir de point d’entrée vers des centaines (voire, dans le cas de Canvas, des milliers) d’organisations en aval, sans aucune attaque directe contre la cible. Au total, cette seule compromission a généré environ 275 millions de notifications aux victimes.
#6. La frontière entre vie privée et vie professionnelle continue de s’estomper
Les brèches et les fuites de données ne font pas la distinction entre vie privée et vie professionnelle. Un attaquant qui vous cible avec vos données personnelles se moque de savoir si vous lisez son message depuis votre canapé ou votre lieu de travail. Les défenses doivent être actives en permanence, car les hackers, eux, ne dorment jamais.
Alors, que retenir des tendances 2026 ? Les résultats de l’étude mettent en évidence un écart de confiance grandissant : 79 % des personnes interrogées connaissent le terme « piratage », mais seules 55 % se sentent suffisamment informées pour réagir concrètement en cas de cybermenace.
Heureusement, il existe des moyens concrets de se protéger.
Cinq mesures concrètes pour aider vos équipes à se protéger
D’après le rapport français, il y a des raisons d’être optimiste : lorsque les gens sont informés d’un incident qui les concerne, beaucoup passent à l’action. Par exemple, 59 % des personnes interrogées déclarent être devenues plus vigilantes face aux e-mails, SMS et appels provenant d’inconnus. 53 % affirment avoir changé leurs mots de passe, et 44 % avoir commencé à surveiller leurs comptes bancaires.
C’est encourageant, mais il reste encore beaucoup à faire. C’est dans cet esprit que nous vous proposons cinq mesures concrètes que chacun peut mettre en œuvre, à titre personnel ou professionnel, pour se prémunir des cybermenaces actuelles :
- Vérifiez par un autre canal tout e-mail, SMS ou appel inconnu, surtout s’il cherche à créer un sentiment d’urgence ou de panique. Si vous craignez d’être victime d’une usurpation d’identité, coupez court à l’échange et recontactez la personne via un numéro dont vous êtes sûr.
- Maîtrisez votre empreinte numérique pour ne pas faciliter la tâche des escrocs. Notamment en limitant de manière proactive ce que vous partagez sur les réseaux sociaux ou sur les sites web de votre entreprise.
- Changez de manière proactive tous vos mots de passe réutilisés ou anciens, en particulier lorsqu’ils sont communs à plusieurs comptes. Par exemple, 94 % des 19 milliards de mots de passe divulgués en ligne entre avril 2024 et avril 2025 étaient réutilisés ou dupliqués sur plusieurs comptes.
- Utilisez un gestionnaire de mots de passe pour que des mots de passe uniques et forts deviennent la norme plutôt que l’exception, ou utilisez des passkeys lorsqu’elles sont disponibles.
- Surveillez attentivement vos comptes bancaires pour repérer au plus vite toute activité inhabituelle ou inattendue.
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À quoi s'attendre en 2027 et au-delà : trois tendances clés
La cybersécurité est un secteur particulièrement difficile à prévoir, mais le rapport français pointe trois tendances clés qui semblent se confirmer :
- L’IA va continuer à rendre chaque cybermenace hyper-personnalisée. Cette tendance est déjà bien engagée, et rien ne laisse penser qu’elle s’essoufflera en 2027. D’autant plus que les outils d’IA générative sont de plus en plus rapides, de moins en moins chers et plus efficaces. Heureusement, l’IA devient tout aussi indispensable côté défense, en alimentant des systèmes de détection axés sur les pratiques de partage de données et l’analyse des e-mails, qui suivent et repèrent les comportements anormaux plus rapidement que n’importe quelle équipe sécurité humaine.
- La fréquence et l’ampleur des fuites de données vont continuer à augmenter. Entre avril 2024 et avril 2025, plus de 19 milliards de mots de passe ont été exposés lors de plus de 200 incidents, et en raison de la réutilisation des mots de passe, une seule fuite peut donner accès à plusieurs comptes. Avec l’automatisation du credential stuffing et la propagation des malwares de type infostealer, il y a peu de raisons de penser que ces chiffres vont baisser. Les entreprises peuvent limiter les dégâts en surveillant activement les identifiants divulgués et en formant leurs collaborateurs à repérer les attaques qui mènent aux brèches.
- La frontière entre vie professionnelle et vie personnelle continuera de s’estomper. Avec le télétravail, le BYOD (utilisation des appareils personnels à des fins professionnelles) et du fait que les employés réutilisent leurs mots de passe sur les outils de l’entreprise et leurs applications personnelles, une fuite dans la vie privée d’un collaborateur peut rapidement devenir un incident à l’échelle de toute l’entreprise. Bonne nouvelle : les bonnes habitudes de sécurité se transmettent d’une sphère à l’autre. Les collaborateurs qui adoptent de bonnes pratiques au travail ont tendance à mieux protéger leurs comptes personnels, ce qui protège aussi l’entreprise.
De la prise de conscience à l’action : Riot est là pour vous aider
S’il ne fallait retenir qu’une chose cette année, ce serait le fossé entre la connaissance et l’action. Il n’y a jamais eu autant de personnes capables de nommer les menaces, et pourtant, elles sont bien moins nombreuses à se sentir capables de réagir concrètement. Pour combler cet écart, être informé ne suffit pas : il faut s’entraîner. Vivre une tentative de phishing réaliste avant qu’une vraie ne se produise, et acquérir les bons réflexes pour aider chaque membre de votre équipe à prendre du recul, à vérifier et à signaler.
C’est là que Riot intervient. À travers des formations de sensibilisation courtes, des simulations de phishing réalistes et une surveillance proactive des fuites de données et des partages à risque, Riot aide les équipes à transformer le Cybermois en habitudes durables, tout au long de l'année.
Si vous vous demandez ce que 2027 réserve à votre équipe, n’hésitez pas à nous contacter.












