July 2026

Formation aux ransomware : comment réduire les risques sans exploser votre budget

Ransomware training

Imaginez la situation : votre entreprise a organisé sa campagne annuelle de sensibilisation aux ransomware. Vous avez coché toutes les cases de conformité, délivré les certificats, vos collaborateurs savent reconnaître des e-mails de phishing, et votre entreprise est complètement à l’abri d’une attaque par ransomware… Pas vrai ?

En théorie, oui. Sauf qu’un jour, un attaquant se fait passer pour l’un de vos fournisseurs. Un salarié fait confiance à l’e-mail et clique sur le mauvais lien. Avant que vous ne vous en rendiez compte, les hackers ont chiffré l’intégralité de votre système – et vous réclament une somme considérable pour le déverrouiller.

Les entreprises victimes de ransomware ne sont pas prises au dépourvu parce que leurs équipes sont ignorantes ou peu formées. Elles sont prises au dépourvu parce que la sensibilisation et le comportement sont deux choses très différentes. Votre équipe peut être consciente de la menace, sans pour autant agir pour l’arrêter.

Cet article explique pourquoi les ransomware sont un problème résolument humain, et pourquoi de nombreux programmes de formation sont une perte d’argent. Nous allons voir comment réduire réellement les risques avec une formation de qualité associée à une stratégie de sécurité proactive.

Pourquoi les ransomware font-ils si peur ?

Les ransomware restent l’une des cybermenaces les plus persistantes et les plus dangereuses, car les hackers cherchent sans cesse de nouvelles méthodes pour nous piéger. Les gangs de ransomware évoluent aussi ; ils sont plus professionnels, plus patients et, surtout, mieux coordonnés.

Pas étonnant, donc, que nous observions des tendances inquiétantes concernant les ransomware :

  • Alors que les entreprises paient moins souvent les rançons, le nombre de groupes actifs de ransomware a augmenté de 49 % par rapport à l’année dernière, et le montant moyen des rançons versées en 2025 a été estimé à 1 million de dollars.
  • Un collectif de groupes cybercriminels, comprenant Scattered Spider, Lapsus$ et ShinyHunters, a commencé à collaborer ces dernières années, concentrant leurs attaques sur les vulnérabilités des supply chain et les relations tierces des grandes entreprises, comme Marks & Spencer et Jaguar Land Rover en 2025.
  • Le nombre d’attaques par ransomware revendiquées par des hackers sur des sites de divulgation du dark web a augmenté de près de 20 % en 2025, avec 6 883 attaques confirmées cette année-là.
  • Les attaques par ransomware se déroulent maintenant très rapidement : le délai moyen entre l’accès initial et le chiffrement complet est souvent inférieur à 24 heures, ce qui laisse moins de temps aux équipes de sécurité pour intervenir à un stade précoce.

Les ransomware sont de plus en plus dangereux, mais ils sont surtout, plus que jamais, un problème humain.

Les ransomware restent un problème humain

Les chiffres sont durs à accepter. Les cyberattaques ont beau être de plus en plus sophistiquées et rapides, 95 % des cyberattaques (y compris par ransomware) débutent par une action humaine : un clic, des identifiants ou un e-mail qui passe entre les mailles du filet.

Imaginez : Sofia, Account manager junior, a suivi sa formation annuelle sur les ransomware. Elle sait qu’il ne faut pas cliquer sur des liens ou des sites suspects, mais un attaquant a piraté l’un de ses fournisseurs de confiance et se fait désormais passer pour lui via WhatsApp, en utilisant son vrai numéro. Très occupée par son travail, elle a cliqué pour valider une demande de partage de document. En quelques heures, les hackers ont chiffré des systèmes critiques, paralysant une grande partie de l’entreprise. Une faille de sécurité qui pourrait coûter des millions à l’entreprise.

Au vu de cette situation, la question ne devrait pas être : « Est-ce que vos collaborateurs sont conscients du risque de ransomware ? » car, aujourd’hui, presque tout le monde l’est. La vraie question devrait plutôt être : « Vos collaborateurs agissent-ils différemment maintenant qu’ils savent ? »

Malheureusement, la plupart des programmes de formation aux ransomware s’arrêtent à la première question, alors que les hackers sont passés depuis longtemps à l’étape suivante.

Les erreurs courantes de la plupart des programmes de formation aux ransomware

Malgré la pression exercée par les organismes réglementaires et les assureurs à la suite d’incidents très médiatisés liés aux ransomware, les programmes de formation sur le sujet sont encore loin d’être satisfaisants :

  1. La formation annuelle ne suffit pas : Les recherches sur la courbe de l’oubli montrent que, sans rappel, les salariés oublient jusqu’à 70 % des nouvelles informations en 24 heures. Un cours annuel sur la prévention des risques peut sembler efficace sur le papier, mais ne change pas les comportements.
  2. Un contenu trop général n’apprend rien de nouveau : « Ne cliquez pas sur des liens suspects », voilà un conseil rabâché depuis les débuts d’Internet. Une formation efficace confronte les personnes à des scénarios réalistes et adaptés à leur poste : une demande de paiement urgente usurpant l’identité du DAF, ou une invitation malveillante dans l’agenda émanant du service RH. La spécificité est essentielle pour que le message soit retenu.
  3. Former sans évaluer, c’est naviguer à l’aveugle : De nombreuses organisations investissent dans la formation sans mesurer les changements réels de comportement. Les indicateurs pertinents (taux de clics sur les e-mails de phishing, taux de signalement des incidents, délai de signalement) sont rarement suivis.
  4. La plupart des formations sont trop déconnectées des pratiques courantes : Vous pouvez former vos salariés à reconnaître les liens suspects. Mais s’ils utilisent des mots de passe faibles ou réutilisés, désactivent l’authentification multifactorielle (MFA) ou encore partagent leurs identifiants avec des collègues « parce que c’est plus pratique », les hackers auront toujours un point d’entrée.

Dans un contexte où les budgets cybersécurité sont plus serrés que jamais, vous ne pouvez pas vous permettre de dépenser des milliers de dollars (sans compter le temps, l’énergie et les ressources de votre équipe) dans une formation aux ransomware qui ne crée pas des habitudes durables et sécurisées. On vous donne cinq façons d’atteindre cet objectif.

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12 indicateurs clés en cybersécurité
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5 conseils pour créer des habitudes durables avec une formation efficace aux ransomware

Une bonne formation de sensibilisation aux ransomware ne vise pas à instiller la peur. La peur génère de l’anxiété, et l’anxiété conduit à davantage d’erreurs, et non l’inverse. Une formation efficace permet d’ancrer des habitudes durables : des réflexes automatiques qui s’activent sous la pression, même lorsqu’un collaborateur est occupé, distrait ou manipulé par quelqu’un qui semble tout à fait convaincant.

Voici à quoi ressemble, en pratique, une formation aux ransomware de qualité :

  1. Des formations courtes, fréquentes et contextualisées. Des modules de moins de cinq minutes, dispensés pendant leur travail, sont toujours plus efficaces que des sessions de formation trimestrielles ou annuelles. L’objectif est de briser les habitudes existantes et de les remplacer par de meilleures, et cela passe par la répétition dans le temps, plutôt que par un module unique qu’ils auront oublié avant la fin de la journée.
  2. Des simulations avec du feedback, sans faire culpabiliser. Les simulations de phishing et de ransomware sont un outil très efficace, à condition qu’ils servent d’enseignement et non d’humiliation. Lorsqu’un collaborateur se fait piéger par une attaque simulée, la réaction immédiate devrait être de lui montrer exactement ce qu’il a manqué, et ce qu’il doit faire différemment la prochaine fois
  3. Des scénarios adaptés au poste de chacun. Les menaces auxquelles est confronté un DAF (approbations de paiements frauduleux, spear-phishing usurpant l’identité des dirigeants, demandes par voix clonée) sont totalement différentes de celles qui visent un ingénieur logiciel ou un RH qui examine des CV. Une bonne formation aux ransomware doit refléter les scénarios d’attaque auxquels chaque poste est exposé, et les signaux d’alerte spécifiques à repérer.
  4. La culture du signalement. La meilleure défense - et la plus sous-estimée - contre les ransomware, n’est pas une technologie ; c’est un collaborateur qui signale rapidement un e-mail suspect. La formation doit rendre le signalement des menaces naturel et sans risque, sans que cela ressemble à un aveu d’erreur. Chaque incident non signalé est une occasion manquée de prévenir une attaque.
  5. L’intégration à une stratégie de cybersécurité plus large. La formation aux ransomware constitue un niveau de défense, mais ne se suffit pas à elle seule. Pour réduire les risques, elle doit s’accompagner d’un effort délibéré pour renforcer la posture de sécurité globale, notamment en matière de mots de passe, de MFA, de bonne hygiène informatique et de gestion des données.

Ce qui nous amène à la prochaine pièce du puzzle…

L’Employee Security Posture Management (ESPM) fait toute la différence

Même la meilleure des formations à la prévention des ransomware aura un angle mort : elle influe sur les connaissances des collaborateurs et la façon dont ils agiront à l’avenir, mais elle ne corrige pas toujours les vulnérabilités inconnues qui existent déjà.

C’est là qu’intervient la Employee Security Posture Management (ESPM). L’ESPM est la pratique qui consiste à analyser, évaluer et corriger en continu les vulnérabilités humaines au sein de votre organisation. Il ne s’agit pas d’attendre qu’une violation se produise ni de compter sur vos collaborateurs pour identifier et corriger eux-mêmes les pratiques non sécurisées.

C’est un peu l’équivalent humain d’un scanner de vulnérabilités. Au lieu de détecter des logiciels non mis à jour, il identifie les comportements humains vulnérables et les données potentiellement exposées avant que les attaquants ne puissent les exploiter.

Voici cinq raisons de choisir un outil ESPM pour aller plus loin que la simple formation aux ransomware et réduire proactivement la surface d’attaque exploitable par les hackers :

  1. Identifier les partages de documents non sécurisés. Des fichiers partagés en externe avec l’option « tous les utilisateurs qui ont le lien », des données sensibles stockées sur des disques non sécurisés, des dossiers donnant accès à trop d’informations à trop de personnes, etc. Les outils ESPM détectent ces vulnérabilités avant qu’elles ne deviennent un point d’entrée potentiel pour un attaquant.
  2. Remédier aux signes d’une mauvaise hygiène cyber. Des mots de passe faibles ou réutilisés, des appareils personnels non mis à jour servant à accéder aux outils de l’entreprise, des comptes sans MFA. Voilà le genre de situations qui rendent possibles les attaques par ransomware. Dans ces cas-là, la formation à elle seule ne suffira pas à empêcher ces attaques.
  3. Suivre l’exposition liée au Shadow IT. Les collaborateurs qui utilisent des applications non autorisées peuvent créer des flux de données non surveillés et des points d’entrée inattendus. L’ESPM permet alors de les détecter.
  4. Révéler les risques dormants. Des vulnérabilités présentes depuis des mois, voire des années, qui élargissent discrètement la surface d’attaque alors que tout le monde part du principe que la formation a couvert ce sujet. Avec les outils ESPM, vous allez découvrir ce qui se cache juste sous vos yeux.
  5. Renforcer la sécurité grâce à des indicateurs pertinents : Une bonne formation au phishing et aux ransomware permet d’ancrer les bons réflexes chez les collaborateurs ; l’ESPM vérifie si ces habitudes contribuent réellement à renforcer la sécurité de l’entreprise.

Une excellente formation aux ransomware doit modifier les comportements à long terme. Avec l’ESPM, vous pouvez atténuer les risques existants et signaler les nouvelles vulnérabilités dès leur apparition. Associée à une formation de qualité, l’ESPM permet de traiter à la fois les habitudes humaines qui créent des risques, et les conditions structurelles qui favorisent les attaques.

Une dernière chose à retenir.

La formation aux ransomware concerne les dirigeants, pas seulement l’IT

La formation aux ransomware est vouée à l’échec si elle reste le seul problème de l’IT, plutôt que l’affaire de tous. Cloisonner la sécurité à un seul service envoie un message, même involontaire, que tous les autres sont déchargés de cette responsabilité.

Les organisations qui réussissent dans ce domaine sont celles où les dirigeants ne se contentent pas d’approuver les programmes de formation, mais y participent activement : ils suivent les mêmes modules que tout le monde, parlent ouvertement des tentatives de phishing qu’ils ont repérées et récompensent les personnes qui osent s’exprimer et signaler tout élément suspect.

Imaginez un scénario dans lequel un PDG reçoit un e-mail de phishing convaincant et, au lieu de le supprimer discrètement, le transfère à l’ensemble de son équipe avec pour objet « Qu’est-ce qui m’a mis la puce à l’oreille ? » accompagné d’une analyse détaillée de ce qui est suspect dans cet e-mail. Ce simple geste contribue davantage à ancrer une culture de la sécurité en ligne que n’importe quel programme de formation annuel obligatoire.

Il s’agit également, de plus en plus, d’une exigence réglementaire. Des cadres réglementaires tels que la directive NIS2 mettent davantage l’accent sur la responsabilité partagée des dirigeants en matière de cybersécurité, ce qui signifie que la formation aux attaques par ransomware et la défense proactive ne sont plus seulement des bonnes pratiques ; elles doivent figurer en tête des priorités de chaque dirigeant.

Lire aussi : Tout ce que vous devez savoir sur NIS 2 – et notre checklist pour être en conformité

Offrez à votre équipe une formation aux ransomware qui fonctionne vraiment

Une formation efficace aux ransomware ne se contente pas d’effrayer les gens pour qu’ils évitent de cliquer sur des liens. Elle modifie les comportements en montrant aux salariés comment réduire leur propre exposition, en développant chez eux les réflexes qui résistent à la pression, et pas seulement pendant une session de formation.

Mais le changement de comportement seul ne suffit pas. Les organisations qui s’en sortent le mieux sont celles qui ont mis en place des pratiques de formation rigoureuses et qui disposent d’une vision claire et continue de leur niveau de sécurité réel. Elles savent quelles vulnérabilités existent à l’instant T, et pas seulement celles que leurs collaborateurs ont appris à éviter à l’avenir.

C’est exactement ce que nous avons développé chez Riot. Notre surveillance de la sécurité en temps réel aide les entreprises à développer une stratégie de sécurité plus solide et partagée. Non pas en désignant des coupables, mais en détectant de manière proactive les vulnérabilités potentielles : mots de passe faibles et droits d’accès aux fichiers non sécurisés par exemple, et en guidant les utilisateurs pour qu’ils les corrigent avant qu’elles ne deviennent un problème.

Si vous voulez vraiment préparer votre équipe à faire face aux ransomware, venez échanger avec l’un de nos experts et voir comment Riot peut vous aider à délivrer une formation impactante à la sécurité.